Photographe : Jean-Pierre Guenec

Si il était un personnage de fiction, il serait le narrateur de « À la recherche du temps perdu ».

photo_jeanpierreLes hasards de la vie ont amené Jean-Pierre à vivre à Nantes, dans l’ouest de la France. Il a fait des études de Lettres, il y a longtemps. De Langue un peu aussi, il y a tout aussi longtemps. « pas les meilleures études pour qui ne veut pas être prof. Alors, comme je ne savais pas faire grand-chose, je suis devenu chef d’entreprise. »

Jean Pierre a d’abord été attiré par les appareils photos en tant qu’objets. Vivants. Regard cyclopéen. Sifflement de l’obturateur. Résistance du film lorsque l’on tourne la manivelle. Au début il voulait « faire du beau ». Mais son boîtier, un Retina IIa de 1939, ne voulait faire que du flou… Alors il a fait du flou, et de l’autoportrait.

Un long dimanche de solitude © Jean-Pierre Guenec (Polaroid 180 / Film Polaroid 669)

Jean-Pierre Guenec a débuté le polaroid il y a une dizaine d’années. « Par jeu. On trouvait encore facilement des films. Il me faut du temps pour apprendre. Comprendre. J’ai photographié tout et n’importe quoi. Surtout n’importe quoi. Rien de bien. Je laissais le medium me submerger… Mais j’aimais bien les réactions que générait le Polaroid. Possibilité d’offrir une image immédiatement – c’est d’ailleurs une des difficultés avec les nouveaux films qui se développent si lentement. »

Son appareil de prédilection :  le Polaroid Land 180. Entièrement manuel. Pas de pile. Équipé d’un retardateur, ce qui lui facilite la mise en œuvre de ses autoportraits.
Le Polaroid 600SE avec dos interchangeables. On peut changer de film sans avoir à attendre que la cartouche soit terminée. Autre atout, les objectifs interchangeables, pour utiliser un grand angle. Le Polaroid 680 SLR, pour sa visée reflex.

Quand on lui demande ses sujets favoris, il nous répond que ça dépend du boîtier qu’il prend avec lui. Avec le 180 ou le 600SE, il se tourne plus vers la nature, il aime les compositions graphiques des arbres. Souvent, il crée des textes pour accompagner les images, pour leur faire écho. Il joue à ce jeu, également, sur les photographies d’autres photographes… Avec les SLR Jean Pierre fait plus du portrait. C’est aussi une forme de jeu lors de séances de pose. On oublie l’enjeu et on… s’amuse !

Comment décrirait-il son style ?
Ha ! S’il osait, il dirait polymorphe et dilettante. Il aime les mots. Alors c’est d’abord ça qu’il cherche, en se cognant à la réalité, des mots sous les images, des images par-dessus les mots. Au cœur de son activité, d’abord Paris, les rues, la nuit, avec un 35mm et du film Tri-X. Il est rare qu’il prépare ses prises de vue. Il enquête sur ce moment magique où tout devient image…

Kenza © Jean-Pierre Guenec (Polaroid SLR 680 / film Polaroid 600)

Il nous présente un portrait de Kenza, prit en janvier 2013 :
« La photographie et tous ses territoires.
Jeux. Jeux de regards. Mises en abîme. Enquête.
Photographe insatiable qui se tient de l’autre côté du miroir. Invisible.
Alors le Polaroïd. Privilège de l’échange.
Offre-moi tes yeux, je t’offrirai mon regard.
Comme un quitte ou double : Narcisse avait un jumeau ? »

Jean-Pierre a participé à l’exposition « Polaroid and I » à EN FACE Paris, en avril 2014

Sa page sur Les petits polas : http://www.lespetitspolas.fr/users/7461.html

Propos recueillis par Cécile Neyrat

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